22 mai 2009
Darcos lance son GIGN
Oh qu'il a fait sourire le sieur Darcos avec son projet de force mobile d'agents spécialisés destinée à contrôler les collèges et lycée, et dotée du droit de fouiller les élèves sur la simple base d'une suspicion... Évidemment, il ne s'agit que d'un débat que le ministre veut ouvrir, a-t-il précisé durant le 90e Congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
On se souviendra qu'en 98, l'idée de la présence de policier avait été suggérée, mais finalement pas retenue. Ici, point de policiers, plutôt des « personnes formées et assermentées, placées auprès des recteurs, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire ».
La question se pose de savoir de quels autorités et droit ces agents seront investis pour avoir « le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l'élève qu'ils suspectent de vouloir introduire des armes » ? Simple comme bonjour, rétorque le ministre : on mettra les moyens juridiques et matériels au point. Comment ? En transformant « des chefs d'établissements, ou tout simplement peut être l'inspecteur d'Académie » en « officiers de police judiciaire de sorte de commander ces actes qui ont un caractère juridique » ?
Une piste de réflexion...
Pour le FIDL, c'est la porte ouverte à la police dans les écoles, tout simplement, mais Darcos réplique avec les parents démissionnaires à qu'il faut « appeler à leur devoir de parents en leur infligeant, si nécessaire, des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées à la faute ». Évidemment.
Pour le député PS de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, c'est se moquer du monde que d'avancer de telles propositions. « Pendant des années, il [X-Man Darcos] a réduit le nombre de surveillants, donc il a demandé aux enseignants de surveiller les enfants, alors qu'ils ne peuvent pas faire les deux choses, et maintenant il voudrait constituer une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire, une brigade scolaire », ironise-t-il.
Car ce n'est pas l'autorité instaurée qui fera la différence, mais l'accompagnement sur la durée, la présence au quotidien de personnes qui écoutent et comprennent. Ceux que l'on avait jadis la petite méchanceté de nommer les pions, ajoute-t-il. Quant à la présence d'authentiques policiers en civil suite au fameux vol de vélos, le député se marre : « Là franchement on est au-delà de ce qui serait nécessaire. »
(actublog)
21 mai 2009
Ségolène Royal en sauveur du PS
Ségolène Royal se présente face au scrutin du 7 juin dans une position idéale. A Rezé, elle devrait faire entendre sa différence et montrer l'enjeu stratégique de sa valeur ajoutée.
La leader socialiste peut montrer dans la dernière ligne droite toute la valeur ajoutée qui est la sienne pour le PS.
Cette valeur ajoutée réside dans son équation personnelle qui élargit l'électorat classique du PS.
Cette équation personnelle peut être résumée autour de 4 repères majeurs.
1) Ségolène Royal attire l'attention. Cette élection montre que l'indifférence tue. Les candidats sans contraste ne parviennent pas à faire vivre leur campagne. Or Ségolène Royal incarne le contraste.
2) Par sa communication et ses réseaux personnels tissés lors de la présidentielle 2007, elle va ratisser bien au-delà des cercles traditionnels du PS. Pour combien de leaders politiques, la presse professionnelle achèterait-elle un photo d'eux en "maillots de bain" ? Cette question peut paraître anecdotique mais elle résume un volet de la valeur ajoutée réelle de Royal : toucher le populaire. Si cette presse "achète du Royal" c'est que Ségolène Royal fait vendre et assure du lectorat. Le dernier clip du couple Sarkozy digne de "plus belle la vie" a touché en coeur de cible. Il faut attirer à la politique des "clientèles" qui sont intouchables par le discours politique classique. Royal sait le faire y compris en jouant sur le "contre son gré".
3) Sans cet apport, le PS reste dans des "eaux" classiques et s'installe en second national. Ce scrutin européen montre que la présidentielle suppose tout l'apport du PS mais au profit d'un candidat qui va au-delà. C'est là le véritable enseignement d'avril 2002.
4) Sur le fond, son discours de Rezé pourrait donc une nouvelle fois flirter avec l'atypisme pour réveiller des électorats indispensables pour changer la donne.
Une nouvelle "race" de compétiteurs présidentiels est en train de naître en France avec les exigences de l'opinion. Martine Aubry, symbole du profil d'hier, l'incarne à son détriment. Il faut désormais du "fun" et du clivant spectaculaire pour sortir de la grisaille et toucher l'opinion.


