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27 octobre 2009

La PS a toujours un problème de leadership

Mais où est donc passée la gauche? C'était la question que suggéraient les membres de la majorité qui, reprenant en cœur la consigne Elyséenne, affirmaient, pendant la série de polémique qui vient de secouer la vie politique française, que l'opposition avait été remplacée par la presse.

Mais au-delà de cette affirmation à deux coups, un pour intimider ceux qui peuvent l'être dans la corporation, l'autre pour décrire une opposition à la ramasse, la question de la disparition de la voix de la gauche est réelle. D'ailleurs certains, à gauche, accusent aussi les médias de ne pas relayer assez leur message... C'est évidement beaucoup plus compliqué que ça.

D'où vient alors l'atonie de l'opposition en général, et du PS en particulier, dans un contexte politique qui devrait pour le moins lui être favorable. D'abord la droite génère ses propres débats. La concentration des pouvoirs à l'Elysée aboutit à ce que toute la partie de la majorité qui n'est pas strictement sarkozyste fait entendre une musique différente. Et cette musique différente est assez tragique pour la gauche: on ne l'écoute plus, on ne lui donne plus de crédit, qu'elle vienne du parti socialiste ou des écologistes. Tout simplement parce que dans un système de prise de décision très centralisé, le seul débat utile est celui de l'intérieur.

Un débat médiatiquement utile, c'est un débat qui peut faire changer le cours des choses. Pour qu'un projet voulu par l'Elysée ait une chance d'être amendé ou repoussé, il faut que ça vienne de l'intérieur de la droite. Voila pourquoi lorsqu'il y a débat dans la majorité c'est — médiatiquement — beaucoup plus intéressant que lorsqu'il y a débat classique entre la gauche et la droite.

D'ailleurs cette semaine, le groupe PS a eu sa niche parlementaire. Pendant une journée les députés socialistes ont pu présenter leurs propositions de loi. L'UMP, Jean-François Copé en tête, a ignoré ces débats à peine relatés parce que l'on savait que de toute manière, toutes les propositions seraient rejetées. Il n'y avait aucun enjeu.

Le PS n'arrive finalement à peser sur un projet parlementaire qu'à force de ruses, en se planquant derrière les rideaux de l'Assemblée (première version de la loi HADOPI), ou il faut qu'un député UMP se trompe de bouton et vote «pour» alors qu'il pensait «contre» sur l'augmentation de 10% de l'impôt sur les bénéfices des banques. Mais dans ces deux cas, il faudrait probablement parler d'acte manqué d'une droite mal à l'aise avec la politique du gouvernement... On pourrait avantageusement étendre tout le groupe parlementaire de Jean-François Copé sur un vaste divan rouge, fait du velours des sièges du palais Bourbon.

Cette situation faite à l'opposition n'est pas nouvelle, elle était à peu près la même sous les précédents présidents mais l'opposition palliait cette carence due, en partie, à la force du fait majoritaire par un leadership un tant soi peu charismatique. De toute évidence, Martine Aubry n'a pas pris la dimension nécessaire et Ségolène Royal, plus réactive, parle d'une voix de plus en plus dissidente du PS. Il y a donc toujours un problème de leadership au PS. Le porte-parole Benoit Hamon ne semble pas toujours porter la parole de son parti, on l'a encore vu sur l'affaire Mitterrand.

Le PS n'est, de ce fait, pas en mesure de répliquer fortement et surtout rapidement et de façon cohérente aux rafales d'annonces et d'initiatives de l'Elysée. Le groupe socialiste s'épuise au Parlement. La discussion qui a lieu dans l'Hémicycle n'a quasiment pas d'échos hors des murs de l'Assemblée parce que, en général,  le débat en lui-même s'est déroulé dans les médias plusieurs mois avant d'arriver au Parlement. Il a vécu et prospéré lors de l'annonce de la mesure correspondante faite par l'Elysée, de façon à alimenter la polémique dans la presse, à la radio et à la télévision plutôt que dans les institutions faites pour le débat démocratique. Exemple: Le débat fondamental sur la loi carcérale a subi ce traitement qui laisse forcément le PS en plan.

C'est tout un enchainement dans lequel le PS se laisse prendre, embringué dans un faux rythme. Il ne s'y laisserait pas prendre s'il avait un vrai leader. Une personnalité réactive, à l'affut des débats qui montent, capable même d'en créer, Une personnalité que l'on sentirait heureuse d'être à la tête de son parti, respecté et solidement assis sur une légitimité incontestée. On en est loin!

eag64 d'après T. Legrand

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