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07 mai 2009

Bercy coupe dans les effectifs de fonctionnaires

Le ministère du Budget a démarré cette semaine des négociations avec les différents ministres du gouvernement sur leur taux d'emploi 2010, selon Les Echos de ce jeudi. L'objectif : appliquer de manière stricte la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. En 2010, Bercy vise ainsi la suppression de 33.000 à 35.000 postes, pour une économie de 956 millions d'euros.

Pour redresser les finances publiques de la France et arrêter de creuser la dette, "la clef, c'est de limiter la dépense publique", a martelé Eric Woerth lundi. "Une des priorités, c'est de continuer à réduire les effectifs de la fonction publique, même en période de chômage", avait également déclaré le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.

Dont acte. Selon Les Echos de ce jeudi, Eric Woerth a entamé cette semaine les discussions avec les principaux ministres du gouvernement sur "leur plafond d'emploi" pour 2010. Le gouvernement entend appliquer strictement la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ce qui doit en théorie porter le nombre de suppressions de postes entre 33.000 et 35.000 en 2010. L'économie générée, de 956 millions d'euros, serait allouée pour moitié "au pouvoir d'achat des agents", écrit le quotidien économique.

En 2008, le taux de non remplacement s'était limité à 33%, en 2009 il devrait atteindre 44% et, en 2010 et 2011, 50%, promet Bercy.

Les prévisions de départ pourraient cependant être revues légèrement à la baisse l'an prochain du fait de l'allongement des carrières induit par la réforme de 2003 sur les retraites.

Quelques rares ministères devraient être épargnés : l'enseignement supérieur - les suppressions de postes en 2010 n'auront pas lieu suite à la mobilisation au sein des universités -, et la justice notamment. L'Education nationale, qui remplace encore 62% des départs, devra faire un effort, de même que la Défense, le ministère du Développement durable ou encore les Affaires étrangères.

La Tribune

Les salaires ont progressé en haut de l'échelle en 2007

C'est un chiffre désormais facile à retenir : en 2007, un salarié travaillant à temps complet dans une entreprise du secteur privé ou semi-public a gagné, en moyenne, 2.000 euros (1.997 euros précisément) nets par mois (soit 2.661 euros brut), indique l'étude annuelle de l'Insee sur les salaires dans les entreprises publiée ce matin. C'est une progression de 1,5 % en euros constants par rapport à l'année précédente. « Il faut remonter à 1999 pour constater une hausse du salaire moyen en euros constants de cette ampleur », souligne l'Insee, qui note que la conjoncture (hausse du PIB de 2,2 %, 310.000 emplois créés) a créé « un climat relativement favorable aux salariés lors des négociations salariales ». Alors qu'en 2006 la hausse du salaire net avait été érodée par les prélèvements sociaux supplémentaires (cotisation chômage, assurance vieillesse et retraite complémentaire), ce n'est, en outre, plus le cas en 2007. Le salaire net mensuel médian, qui partage les salariés en deux parts égales (50 % d'entre eux gagnent moins, 50 % gagnent plus) s'établit désormais à 1.459 euros.

Le rapport entre les 10 % de salariés les mieux payés et les 10 % les moins bien rémunérés est resté stable en 2007 (dans un rapport de 1 à 2,9), « comme les quatre dernières années », note l'Insee. Mais « c'est tout en haut de l'échelle, parmi les 10 % de salariés à temps complet qui gagnent le plus, que les salaires ont le plus progressé », indique l'étude. La hausse de salaire net a atteint pour eux en moyenne 3 % en euros constants en 2007. Un résultat qui va dans le sens des conclusions du rapport Cotis sur les écarts de rémunérations (« Les Echos » du 22 avril), qui montre que la croissance du salaire sur la période 1996-2006 a été d'autant plus rapide que l'on se rapproche de l'extrémité de la hiérarchie salariale (+ 0,8 % par an de salaire brut pour les 5 % les mieux payés, +1,1 % pour les 1 %, et +2,5 % pour les 0,1 % les mieux rémunérés).

Très forte croissance

Cette hausse des plus hauts salaires a été tirée, en 2007, par le secteur bancaire. « Les cadres du secteur financier enregistrent cette année une très forte croissance de leur salaire net moyen en euros constants (+ 7 %), notamment du fait des primes versées au premier trimestre 2007 », indique l'Insee. Au final, la hausse des salaires a été nettement plus forte, - « comme les deux années précédentes » - pour les cadres et chefs d'entreprise salariés (un salarié sur six à temps complet), qui ont vu leur rémunération moyenne progresser de 2,3 %, quand elle s'est limitée à 0,7 % pour les employés et 1 % pour les ouvriers. « Pour ces deux catégories, la moindre hausse peut s'expliquer notamment par une revalorisation du SMIC relativement modérée en 2007 », analysent les auteurs de l'étude. Au-delà des salariés à temps complet, l'Insee a montré dans des travaux précédents que le « revenu salarial », qui tient compte des temps partiels et des périodes de chômage, est beaucoup moins dynamique.

VÉRONIQUE LE BILLON, Les Echos