30.06.2009

Les voix féminines contribuent à une pousse plus rapide des plantes

Grande-Bretagne – Une étude menée par la société d'horticulture royale a montré que parler aux plantes était favorable à leur croissance et plus particulièrement si la voix en question est une voix féminine.

L’expérience a commencé en avril dernier par une audition dont le but était de trouver les voix féminines et masculines les plus mélodieuses. Chaque candidat sélectionné s’est vu attribuer une plante, un pied de tomates. Leur mission consistait à lire des ouvrages aux plantes et l’expérience a montré que de manière globale, les plantes à qui un candidat avait été affecté poussaient plus rapidement qu'une plante plongée dans le silence. Elle a en outre prouvé que les voix féminines étaient plus efficaces.

Par ailleurs, quelques plantes laissées dans le silence ont poussé plus vite que celles de certains hommes. C’est la plante de Sarah
Darwin, descendante du célèbre botaniste Charles Darwin, qui a poussé le plus vite. « C’est un honneur d’avoir une voix qui fait pousser les tomates » a-t-elle déclaré. Colin Crosbie, l’un des responsables de la société a précisé que l’effet des sons et particulièrement des voix humaines sur le développement des plantes n’était pas surprenant dans la mesure où les ondes sonores font partie de l’environnement des plantes au même titre que la pluie ou la lumière. Il a ajouté qu’il se doutait du résultat. 

B.Tolman

Photographie(s)

Prenez le temps de regarder les photos de Philippe Hernot: elles sont extraordianaires. L'oeil du photographe est un enchantement. Il nous rappelle que le monde est ce que nous en faisons et que la photo est loin, très loin d’être un art mineur.
Cliquer :
http://www.flickr.com/photos/28492002@N08/show/with/36694...

AL & DS

29.06.2009

Ballotage à Hénin-Beaumont

Le lieu: Hénin-Beaumont.

Quoi: la municipale.

La participation : 60%, pour une élection partielle, c'est tout simplement énorme.
Le Front National à plus de 39%... une gauche atomisée, en vrac, avec 5 listes! Un PS à 17%. Si le message n'est pas clair! Un tiers des électeurs de cette ville ne croit plus en la classe politique traditionnelle!

Est-ce qu'un jour nos têtes pensantes de Solférino vont sérieusement commencer à réfléchir à des scores pareils? La comparaison avec Vitrolles semble tenir la route: à Vitrolles aussi il y a eu corruption, clientélisme à la petite semaine...

Alors certains vont rapidement crier à l"unité, au front républicain. N'est-il pas déjà trop tard pour Hénin Beaumont? Et puis on ne peut pas non plus blâmer les citoyens. On peut toujours houspiller les instances politiques progressistes pour qu'elles se bougent un peu le neurone mais ça n'est manifestement pas gagné: au deuxième tour, la gauche est majoritaire à 52% cependant il est toujours difficile d’anticiper les dynamiques électorales de 2ème tour surtout quand celle-ci est dipersée aux quatre vents comme lors du premier tour. Finalement dans cette histoire, l’attitude du Parti Socialiste n’aura pas été très glorieuse ...à tous les niveaux.

Certains citoyens socialistes pourraient s'émpuvoir de ces propos. Qu'ils s'interrogent donc par exemple sur le fait que le 7 juin à Roubaix (majorité PS-Modem) il n'y avait plus que 2600 électeurs PS, sur une ville de 100.000 habitants...grave, non?

 

Et puisque nous en sommes au PS, François Hollande n’a jamais été aussi prolixe sur ce dernier depuis qu’il n’est plus à sa tête… ah si l'on pense à  tout ce qu’il aurait pu faire et qu’il n’a pas fait pendant qu'il était aux manettes. François, camarade, il faudrait juste arrêter de nous prendre pour des c…

 

eag64&MV 

Barroso II : le double-jeu socialiste

Décidément, les socialistes européens porteront une responsabilité historique dans la probable reconduction de José Manuel Durao Barroso à la tête de la Commission européenne pour un nouveau mandat de cinq ans. Incapables de se mettre d’accord sur un challenger avant les élections européennes, laissant ainsi le champ libre au candidat conservateur, ils s’apprêtent à voter en majorité pour sa reconduction. Certes, pour sauver l’honneur, ils vont s’opposer à ce qu’il soit investi dès le 15 juillet comme le président sortant le souhaite, mais ils se rallieront sans doute à sa candidature en octobre prochain.


L’Allemand Martin Schulz qui vient d’être réélu à la tête du groupe socialiste (désormais « Alliance progressiste des socialistes et des démocrates »), n’a jamais caché que, pour lui, la présidence de la Commission était un combat perdu d’avance, vu le rapport de force politique dans l’Union (21 gouvernements dirigés par la droite et les conservateurs et libéraux ont gagné les Européennes). Il estime plus important, notamment pour sa carrière personnelle, d’aboutir à un accord technique avec le PPE (démocrate-chrétien) afin de se répartir les postes au sein du Parlement européen.
En particulier, il veut sécuriser pour lui-même la présidence de l’Assemblée qui lui reviendrait pour deux ans et demi, en alternance avec le candidat du PPE, le Polonais Jerzy Buzek. Jeudi, lors d’une conférence de presse, il a lâché le morceau : « la logique parle pour que je dise « niet ». Mais je dois me demander si je ne pourrais mettre en place une meilleure politique sociale-démocrate en posant des conditions auxquelles Barroso devrait se plier ». Il a reconnu que « savoir si nous voterons pour lui (à l’automne) est une question ouverte ». Il sait qu’un vote contre Barroso ferait échouer l’accord technique avec le PPE ce qui le priverait sans doute de la présidence du Parlement. Ce calcul est largement partagé par l'ensemble des délégations nationales, seuls les Français campant dans une opposition résolue. Mais avec 14 élus, ils ne pèsent pas grand chose...

On ne peut qu’être sidéré devant une telle logique : imagine-t-on la même « logique » appliquée aux élections internes ? Pourquoi Martin Schulz ne plaide-t-il pas pour qu’Angela Merkel fasse siennes certaines des propositions du SPD avant les élections de septembre prochain ? Ne serait-ce pas aussi un bon moyen « de mettre en place une meilleure politique sociale-démocrate » au lieu de s’épuiser en de vaines élections, la CDU-CSU étant donnée largement gagnante ?


Le SPD sait qu'il joue avec le feu en soutenant un candidat conservateur à la tête de la Commission. A la veille des élections législatives de septembre, cela ferait désordre... C'est aussi pour cela que Schulz ne veut pas élire Barroso dès le mois de juillet. C'est aussi pour cette raison que l'investiture n'aura pas lieu en septembre, mais plus probablement en octobre, au lendemain des élections allemandes... On n'est jamais trop prudent.

Jean Quatremer

27.06.2009

André Vallini, un homme d'ouverture

La notion d'ouverture renvoie au pire et au meilleur.

Dévoyée, elle aurait pu bénéficier à Claude Allègre qui, en dépit de ce qu'il affirme n'est plus guère socialiste et contrairement à ce qu'il prétend, ne représenterait pas un inestimable capital. Heureusement le succès de la liste écologiste aux élections européennes a fait capoter le processus. D'ailleurs, c'est bien fait pour quelqu'un si fier d'être ministre avant l'heure !

André Vallini, c'est autre chose, c'est quelqu'un d'autre, c'est quelqu'un. Des convictions fortes qu'il souhaite faire partager, une vision de gauche généreuse, humaniste et solidaire - qui pourrait convaincre si on ne la sentait davantage pétrie d'espérance que de réalisme -, une résistance à ce que l'ambition à n'importe quel prix a de vulgaire, un "honnête" homme avec lequel non seulement on ne répugne pas à dialoguer mais qui fait désirer l'échange. Parce qu'il exprime une pensée, notamment judiciaire, qui stimule et favorise le débat. Etre capable de penser contre soi constitue une qualité rare mais André Vallini ne conduit pas à cette extrémité : on a le droit, même adversaire, de penser avec lui.

La lettre qu'André Vallini a publiée dans Le Monde et qui était destinée au "nouveau garde des Sceaux" - on ne connaissait pas encore son identité - me semble un parfait exemple de ce que l'ouverture, dans son acception profonde et non tactique, offre de plus riche.

André Vallini propose au futur ministre de la Justice - donc, aujourd'hui, à Mme Alliot-Marie - de cibler son action sur trois objectifs principaux. Le premier : une justice accessible et efficace. Le deuxième : une justice indépendante et respectée. Le dernier : une justice sereine et apaisée.

Je n'ai pratiquement rien à redire sur  l'exposition d'un tel projet qui fait coïncider le bon sens, l'équité et l'efficacité. On sent tout de même, ici ou là, le regard idéologique qui vient brouiller un tantinet la lucidité. S'il est évident que la justice est "trop lente, trop chère, trop compliquée", il est abusif de soutenir, en réduisant à rien son évolution positive sur ce plan, qu'aujourd'hui elle est "dure avec les faibles et faible devant les puissants". Je sais qu'il s'agit d'une caricature qui pour être contredite quotidiennement par beaucoup de mes collègues demeure inscrite au fronton de l'opposition et des mouvements plus soucieux de conserver leurs préjugés que de privilégier les nuances. La justice de classe, proprement dite, est derrière nous depuis longtemps.

En revanche, André Vallini vise juste et à bon escient lorsqu'il dénonce les risques d'une politique que l'émotion, la démagogie l'exploitant et la précipitation parlementaire la traduisant, inspireraient. Si la classe politique est évidemment appelée à partager avec le peuple l'indignation collective devant tel ou tel crime, il serait dévastateur pour la première, se trompant sur les attentes du second, d'agir sans pensée et d'improviser sans distance. Penser lentement est le moyen le plus sûr pour agir vite, surtout dans ces matières qu'il convient en effet d'aborder avec "l'esprit tremblant".

Enfin, la justice "indépendante et respectée" que le président Vallini espère appelle, pour devenir d'actualité, au moins une double métamorphose, l'une à court et à moyen terme, l'autre de longue haleine.

La première implique qu'une politique de nominations cohérente et impartiale soit mise en oeuvre. Qu'on cesse de favoriser les complaisants,  les caractères faibles et opportunistes au détriment des esprits puissants et libres. L'intelligence critique vaudra toujours mieux que l'adhésion mécanique. Des hommes qui conviennent pour les postes d'autorité et de pouvoir - j'y inclus les responsables des tribunaux de grande instance - seraient une perspective enthousiasmante pour une magistrature trop souvent "plombée", pour le respect de ses valeurs et principes, par ceux qu'on promeut et que la hantise de leur position tétanise. 

La seconde exige beaucoup du corps judiciaire. Une justice respectée implique une magistrature respectable. La grâce ne nous tombera pas du ciel ni de l'Etat. Elle ne viendra récompenser notre action que dans la mesure où le citoyen nous donnera quitus sur un plan général pour notre attitude en démocratie, et plus spécialement, pour la manière dont nous saurons chaque jour ne pas décevoir les justiciables, quel que soit leur statut.

André Vallini, à partir des prémisses qu'il a fait connaître dans sa lettre, est clairement un homme, une personnalité d'ouverture. Je me demande si les véritables êtres d'ouverture en politique, gauche et droite confondues, ne sont pas ceux qui demeurent en dehors des gouvernements pour ne jamais voir, dans le dialogue républicain, leur parole confisquée, instrumentalisée ou appauvrie.

Philippe Bilger,Avocat Général près la cour d'appel de Paris

26.06.2009

Remaniement ministériel et toujours moins pour la culture

Face à la baisse constante du rayonnement culturel de la France durant ces dernières décennies, la réponse négative du gouvernement n'a pas vraiment satisfait les membres du Sénat qui avait proposé la création d'un secrétariat d'Etat à l'action culturelle extérieure.

Malgré le dernier remaniement ministériel qui aurait pu donner au président de la République la possibilité d'honorer cette demande, rien n'a été fait. Pourtant, ce n'était pas moins qu'un groupement de sénateurs appartenant à la majorité comme à l'opposition qui avait émis l'idée de la création de ce secrétariat.

 Jacques Legendre, président de la commission des affaires culturelles, fait un constat simple mais inquiétant : « Les crédits consacrés au rayonnement culturel ont chuté de 10 % entre 2005 et 2008, ils vont chuter à nouveau de 13 % cette année, de 11 % en 2010 et de 10 % en 2011 ».

 La proposition de créer un secrétariat d'Etat à la francophonie, à l'audiovisuel extérieur et aux relations culturelles extérieures émanait d'une des recommandations d'un rapport des commissions sénatoriales aux Affaires étrangères et aux Affaires culturelles unanimement adopté par le Sénat peu avant le remaniement ministériel.

Victor de Sepausy

Comme une évidence

Il est de bon ton, en ces temps d'après européennes calamiteuses, d'avoir la bouche pleine de "rénovation". Le PS veut la rénovation? Le PS veut être de nouveau attractif? Le PS veut entrer dans le XXI ème siècle? Qu'il se rapporte à un discours à Frangy-en-Bresse où l'oratrice, invitée de la fête de la Rose, traçait les pistes d'une société d'avenir avec une méthode d'avenir.

Nous aimons, militants nouveaux ou plus anciens, notre parti, les illustres Jaurès, Blum...les campagnes électorales, les congrès...mais il y a eu Reims: congrès anti-démocratique s'il en fut, qui a failli démontrer que les vraies valeurs fondamentales de dignité humaine, de volonté démocratique n'étaient pas l'apanage de tous.

Ce parti a -t-il conscience que son avenir se joue sur sa capacité, à partir de ses valeurs historiques, celles qui ont constitué son histoire, à construire un projet renouvelé dans la globalisation d'aujourd'hui. Le PS se doit de reconquérir ses valeurs.

Et qui trouve-t-on sur ce terrain? Qui mène une politique par la preuve dans sa région? Qui a un comportement exemplaire malgré les avanies subies? Qui n'a jamais dit du mal d'un autre socialiste, même dans les indiscrets ou les "off"? Qui construit sa ligne politique sur l'exigence de moralité et d'éthique? L'ordre juste. Celui que ses camarades ont tant moqué alors qu'il est à la base de notre projet. 
Qui a vu de près comment le PS s'est sabordé en 2007 pour ne pas avoir soutenu sa candidate face à la machine médiatique populiste qu'incarne le sarkozysme. Qui sait que pour gagner, le parti devra être rassemblé derrière sa personnalité? Qui ne rentre pas dans les divisions et joue le jeu du rassemblement?

Qui au PS et dans l'opposition pour incarner un projet d'avenir contre le sarkozysme? Qui a une personnalité en adéquation avec les valeurs indispensables pour le faire? Qui travaille sur le fond avec la société civile par le biais des UPPC? Qui a montré dans son parcours politique qu'elle portait des convictions qui trouvent enfin leur aboutissement aujourd'hui? Qui?

La réponse est évidente...

eag64 & FA

IMA: Palestine, la création dans tous ses états

L'Institut du monde arabe vient d'inaugurer une exposition consacrée à l'art contemporain de la Palestine. Dès qu'on y accède, on est surpris par la vidéo d'un défilé de mode de mannequins hommes au ventre nu -une métaphore des « checkpoints », points de contrôles où les soldats israéliens fouillent les Palestiniens pour vérifier s'ils cachent des armes ou des explosifs.

Ensuite, on est confronté à la vie quotidienne des camps de réfugiés, aux souvenirs, aux chagrins, aux rêves et aux cauchemars d'un peuple dépeint par une vingtaine d'artistes de la photographie, de la vidéo, de la peinture, de la sculpture et de l'installation.

Leurs œuvres portent souvent sur les notions d'exil, d'identité, et reflètent l'expérience palestinienne des soixante dernières années avec une émotion à fleur de peau, dans toute sa tragédie et sa force. VOIR LES OEUVRES

Palestine : la création dans tous ses états à l'Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris Ve - du mar. au ven. 10h-18h, sam. et dim. 10h-19h - 6,50€/8,50€ - jusqu'au 22 novembre.

 Cristianne Rodrigues

Conseils de lecture pour bergers en estive

L'été est déjà là -quel début en fanfare! - et vous hésitez encore à adopter le Livre qui vous donnera une tenue, un rang, une contenance face à votre troupeau on ne peut plus littéraire, que vous menez paître du côté des trois couronnes ou de St Engrâce. Il serait de mauvais ton, accordant à ces bêtes une herbe grasse de premier choix, de leur lire Marc Levy ou Christine Angot : cela pourrait leur gâter le poil ou qui sait, affecter leur transit, sans compter que ces maigres mots de plaine ne sauront sans doute supporter les sommets.

Faut-il pour autant offrir à ces malheureuses brebis (sous le prétexte spécieux que l'on veut toujours  le meilleur pour ses enfants) le spectacle d'un pasteur absorbé dans un essai docte et complexe qui n'est en fait que pessimiste ? Ah le malheur a vite fait de se la jouer profond – quand le bonheur reste désespérément frivole! Heureusement, j'ai pour vous, la petite perle que « les pleureuses de la modernité, les pleurnicheurs du concept » n'ont pas manqué d'assassiner : « Kafka Cola » d'Alessandro Mercuri (Leo Scheer, 2008).

Le premier chapitre est une variation habile et baroque sur le scandale provoqué par la phrase de Le Lay : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ». Critique enjoué et cinglant de notre « hyperconsommation, ultralibéralisme, aliénation deluxe », Mercuri l'insaisissable, aux pieds ailés, ose tous les raccourcis, tous les rapprochements, toutes les relectures. Ainsi, de la victoire de Jesse Owen au nez et à la barbe du Führer en 1936, Mercuri y voit outre la victoire de l'athlète noir contredisant toutes les théories aryennes, celle... de ses chaussures Adidas et d'en conclure : Adidas, 1 - Svastika, 0.

Maître subtil en montage, en relecture parodique, on ne sait si Mercuri pond là un essai, un recueil d'aphorismes, un pamphlet, un manuel de détournement. Le style, dixit la quatrième de couv', est « anarcho-psychédélique », comprenne qui pourra. En tout cas, il y a là quelques jolies formules : « L'éternel retour sur investissement », « le christianisme est une marque déposée de croix », « Vous n'avez pas fini d'être heureux » ou quelques questions faussement naïves : « Qu'est-ce qu'un point.com ? Les 3 lettres du suffixe com parlent-elles de commerce ou de communication ? » ou encore celle-ci : « Et si la pornographie était à l'imaginaire du XXIe siècle ce que la prostitution était à celui du XIXe ? »

Le deuxième chapitre, dans le droit chemin du premier qui critiquait un monde laissé en pâture aux communicants, s'intéresse précisément à la com du Vatican. Et d'en conclure que la chrétienté vit « sur ses acquis spirituels et artistiques ». Signe des temps, son saint-siège médiatique, la chapelle Sixtine, a été restauré grâce aux fonds... d'une chaîne de TV japonaise.

Horreur, le chapitre suivant -celui qui a heurté les critiques parisiens-, se moque de l'exception culturelle française et de son étendard favori, de son fleuron 100% tricolore, à savoir le cinéma français. Quoi ? s'étrangle alors la bien pensance de Télérama et Cie (dont Mercuri rappelle au passage l'héritage chrétien, mais chrétien de gauche hein monsieur parce que quand même), cet auteur serait-il contre nous ? Et l'auteur en question, sous forme de sous-titre, de traduire les non-dits, les tics dudit fleuron : délectable à souhait, savoureusement potache.

Le reste il va de soi, est à goûter par vous-mêmes, chères bergères itinérantes, chers pasteurs bucoliques ; on ne peut tout de même pas brouter l'herbe fraîche sous le pied de la brebis, non ?

(roidite - pays basque info)

25.06.2009

Réinventer le PS

Que le PS se prononce à l'été 2010 sur le bien fondé des primaires... et c'est la fin du processus 6 à 9 mois avant l'élection (si tout va bien) est-ce bien sérieux?

Pour tout dire, le PS refait le calendrier de 2007... avec le résultat qu'on connaît et notamment sur la cicatrisation des blessures. Pendant ce temps Sarkozy a lancé sa campagne à Versailles et a mis en place son gouvernement de guerre...

Si certains veulent faire l'impasse sur 2012, qu'ils le disent. Aux autres, de r
éinventer le PS, d'oser proposer un contenu à la fameuse rénovation dont tout le monde parle.

Le PS vient d’être sanctionné lourdement par les électeurs pour 2 raisons principales :

  • son incapacité à produire un discours clair, identifié, cohérent et qui fasse sens. Cela remonte à loin et ce constat fait l’unanimité. Le PS ne parvient pas à intégrer les données complexes du monde contemporain. Il n’est pas au rendez-vous de ses propres principes.
  • le spectacle donné par un appareil recroquevillé sur lui-même à l’occasion d’un congrès de Reims abîmé dans la logique destructive du « tout, sauf … », incapable de faire émerger une majorité cohérente et un véritable leadership. Une fois de plus, le travail sur les idées et sur l’orientation stratégique auront été sacrifiés.

Mais le rendez-vous manqué est aussi celui de notre transformation en un parti tourné vers de nouvelles couches sociales, acceptant de nouvelles façons de communiquer, intégrant des modes de gouvernement et des pratiques démocratiques efficaces, ouvertes et responsables.

C'était l’occasion de voir la gauche, la France et l’Europe avec les lunettes d’un socialisme contemporain. Les électeurs viennent de nous signifier qu’un parti replié sur lui-même, en manque d’idées, ne peut pas faire envie. Le scrutin du 7 juin marque une reprise du divorce qui avait conduit à la déroute de 2002. Nous pouvons être entraînés rapidement sur la voie d’un déclin irréversible.

L’organisation des primaires n’est pas une solution miracle, néanmoins nous sommes attachés à son principe. Les Français s’étaient d’ailleurs passionnés pour celles que nous avions organisées en 2006. Mais les primaires ne sont pas la seule question que doit trancher notre parti. Il doit se réinventer dans ses structures comme dans ses principes. A partir de l’analyse, nous devons proposer des solutions concrètes pour que la rénovation cesse d’être un slogan sans contenu.

Il nous faut affirmer que la première place doit revenir enfin à la parole militante, à travers notamment des états généraux dès septembre 2009. Il est temps d’inventer un autre mode de fonctionnement que celui qui repose sur la proportionnelle des courants. Ce système a montré ses limites : il dilue les responsabilités, il dresse les militants les uns contre les autres de manière artificielle, il substitue la cooptation clanique à une véritable sélection de cadres responsables et compétents.

Nous voulons redonner sens au mot responsabilité, par exemple en réduisant considérablement la taille de nos instances.

Pourquoi ne pas inverser nos calendriers pour faire de l’élection de notre leader (notre candidat à l’élection présidentielle) l’acte 1 de nos cycles politiques. 
Au lieu de comparer des motions souvent très semblables, pourquoi ne pas débattre et de trancher nos divergences sous forme d’amendements à partir d’un texte unique proposé par le (la) premier(e) secrétaire démocratiquement
élu(e).

Il s’agit non seulement de réussir le rendez-vous présidentiel en associant les français à notre démarche, mais aussi de se saisir de l’élection législative de 2012 pour construire une assemblée aux couleurs plurielles de la France d’aujourd’hui.

Enfin, il est indispensable d’unifier le discours tenu nationalement avec nos politiques locales. Le réseau d’élus locaux le plus important de notre histoire doit être une chance pour faire émerger l’innovation née de ces pratiques politiques, culturelles, écologiques, économiques, sociales et administratives.

eag64 avec MV.

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